dimanche 4 janvier 2015

Les échanges cognitifs


Ces échanges font appel à nos capacités cognitives, c’est-à-dire qu’ils vont activer notre réflexion pour comprendre ou expliquer, apprendre ou retenir, réfléchir ou imaginer, admettre ou contredire.

Il s’agit des échanges qui nécessitent une attention soutenue pour entendre l’information donnée afin de l’analyser, la retenir ou y répondre le cas échéant. Nous pouvons les retrouver dans les milieux professionnels, scolaires, dans les conférences, les débats. Ces échanges sont sous la forme d’interactions verbales, de paroles échangées ou reçues ou bien sous formes d’écrits, de livres, de magazines, de journaux, de rapports mais aussi des présentations multimédias qui mélangent ces différentes sources.

Bien que ces échanges aient vocations à s’adresser à notre système cognitif, une multitude d’informations circulent au travers des 93% d’échanges non verbaux. Cette masse d’informations induites va nous interpeller en dehors de la sphère cognitive. Nous pouvons très bien intellectualiser le discours mais également ressentir des signaux émotionnels qui vont nous faire réagir positivement ou négativement à ce que nous entendons. Nous pouvons accepter le fond du discours mais en même temps sentir une montée émotionnelle contrariante. A l’inverse, nous pouvons refuser la logique du discours mais ressentir que dans le fond, ce qui est dit fait écho en nous et répond à une demande que nous refusons d’admettre. Nous ressentons notre acceptation naturelle mais nous la refoulons parce que nos croyances nous l’imposent.

Nous ressentons donc des émotions alors que le discours était informatif mais le ton reçu, le contenu de l’information, le cadre dans lequel cela se produit et l’attitude du groupe autour de nous vont activer nos mémoires émotionnelles et viscérales.
Le système sensitif peut également nous faire réagir à ses informations. S’il y voit un danger qui peut menacer son intégrité, ses croyances. Partir d’une conférence sous un coup d’éclat parce que tel propos nous met dans une colère qu’il faut fuir ou prendre le risque de répliquer de manière virulente pour l’expulser. Nous assistons alors à des échanges vifs, passionnés, virulents.

Nous pouvons voir comment un même discours peut avoir un impact très différent selon le contexte dans lequel il est prononcé. Cela se joue au niveau de celui qui le prononce, sur sa manière de le dire, de l’ambiance qu’il dégage. C’est aussi par des messages non verbaux qu’il va diffuser selon qu’il se sent à l’aise avec ce qu’il énonce et que son discours est en phase avec ses intentions. Mais cela se joue également au niveau du receveur, sur son état d’esprit. Son attention et son discernement peuvent être contrariés ou influencés par les différents messages non verbaux. Cela éveille des émotions contradictoires entre ce qu’il entend et ce qu’il ressent. Dans ces moments là, nous pouvons avoir l’impression de ne pas être en lien, en accord avec celui qui prononce son discours. Nous pouvons aussi ressentir vibrer en nous, une acceptation viscérale de ce qui perçu au-delà des mots, « il joue sur la corde sensible ». Cette impression est émotionnelle, viscérale mais non cognitive.

Le charisme est donc l’art de faire passer un message au niveau cognitif et de l’appuyer par des messages non verbaux maîtrisés qui emportent l’adhésion émotionnelle et sensorielle de l’auditoire.

Quand notre attention est soutenue et que l’intention du discoureur reste accès sur le fond, le système cognitif reçoit l’information avec très peu de projections émotionnelles. Nous pouvons en conscience, admettre ou refuser ce qui est dit en restant au niveau cognitif. Ce sont des débats efficaces sur le fond mais dépourvus de sensibilité.

Nous voyons comment les échanges cognitifs sont rarement du seul ressort du système cognitif mais font également appel de manière indirecte, aux systèmes interactif et sensitif.

Les échanges relationnels

La communication est l’ensemble des informations que deux individus peuvent échanger par tous les moyens dont ils disposent.

Au delà des mots, des échanges verbaux, dans toute communication nous trouvons aussi un langage para-verbal et non verbal.

Les échanges verbaux, sont les mots que nous choisissons pour exprimer nos idées, nos désirs, nos craintes, etc...
Les échanges para-verbaux, sont influencés par notre couleur émotionnelle qui teinte les mots que nous exprimons, cela se traduit dans le ton de la voix, le volume, l'intonation, etc...
Les échanges non verbaux, se font par toute la gestuelle qui s'exprime malgré nous, la position du corps, sa stabilité mais aussi les expressions du visage, l'orientation du regard, etc...
communication©2014 - Michel Schauving

Nous pouvons identifier plusieurs types d’échanges :
  1. Informations, débats, éducatifs, normatifs

  2. Amicaux, festifs, ludiques, joyeux, tristes

  3. Pulsionnel, intimes, complices, conflictuels

  4. Artistiques (Ecrits, Musiques, Peintures, spectacles, …)



Comme nous pouvons le supposer, ces échanges se situent à plusieurs niveaux de ressentis, une implication émotionnelle différente en relation avec les enjeux et leurs impacts estimés ou nourris par nous et sur nous, notre environnement, nos croyances.

Ces différents ressentis, enjeux et impacts sont alimentés par nos trois centres de communication
  1. Cognitif    : la logique de la pensée

  2. Interactif  : le lien émotionnel

  3. Sensitif    : l’activation pulsionnelle

Tout ce qui se joue dans ces échanges se situe bien au-delà des mots et des paroles. Nous ne l’entendons pas mais nous le ressentons émotionnellement et corporellement, cela vibre en nous.

Etre Soi parmi les autres

Notre relation aux autres s'appuie sur notre parcours et des sentiments qui nous sont propres. 


  • Elle s'appuie sur notre besoin d'appartenance au groupe et des stratégies que nous avons intégrées tout au long de notre éducation.

  • Elle est marquée des sensations d'hier, des manques, frustrations ou satisfactions liés aux désirs et aux besoins exprimés dans l'enfance.

  • Elle dépend des blessures qui ont pu nous marquer dans l'enfance (abandon, rejet, humiliation, dévalorisation, trahison)

  • Elle est teintée de nos expériences heureuses ou malheureuses et des projections que nous en faisons sur ce qui se passe aujourd'hui et des conséquences possibles dans l'avenir plus ou moins proche.

  • Elle répond également à des normes inculquées par nos familles, nos éducateurs, la société qui effacent l'individu au profit du groupe afin d'en assurer la cohésion.
Selon notre positionnement dans la micro-société qui nous a éduqué, nous pouvons avoir des comportements tournées vers l'autre, vers soi ou vers la relation. Nos comportements peuvent être en accord ou en opposition à ce positionnement et aux sentiments qui en découlent. Ils peuvent ne pas répondre à la situation courante mais à une émotion émise d'une situation antérieure qui fait écho aux sentiments actuels.

La sociabilisation nous enseigne l'entraide, la compassion, l'amitié, l'amour, autant de comportements tournés vers l'autre dont nous avons également besoin en retour pour exister en harmonie au sein de ce groupe.
Ces règles que l'on rejette quand on nous les impose, comme à l'adolescence, nous permettent par la suite de nous intégrer en tant que personne dans la société, besoin d'être rassuré, d'être reconnu, d'exister par soi et pour l'autre.

Après la période du "J'ai besoin", "JE veux" de l'enfant puis le ras le bol, la révolte de l'ado qui veut exister par lui et plus par la famille "je veut être MOI", l'Adulte passe au stade de trouver sa place parmis les autres, avoir son identité, être reconnu, ETRE, "je suis".

Parfois, ces étapes sont plus ou moins bien passées et quelquefois, certaines restent infranchissabes. Tout cela provoque les distorsions, les jugements, les comparaisons et l'esprit de revanche que nous pouvons constater dans les relations humaines. 

L'égoïsme, le rejet de l'autre, le mépris, la manipulation, la violence peuvent témoigner d'une personne qui cherche à franchir ses étapes inaccomplies, qui réagit à des blessures encore actives. 

Bien que cette personne soit responsable de ses actes, de sa façon d'être et de ce qu'elle reçoit en retour, elle n'en est pas pour autant coupable.
Elle subit ses schémas de fonctionnement, ses coyances qui s'activent malgré elle. En ce sens, elle génère ses émotions et ce qui lui arrive. 

En avoir conscience, c'est découvrir que cela donne à chacun la possibilité d'agir pour que cela change. Il s'agit de revisiter ses croyances pour enfin voir l'instant présent dépouillé des artifices du passé et de ses projections idéalisées ou anxiogènes.

Il s'agit de développer l'écoute pour aller chercher son identité et permettre de dépasser les blocages, les traumatismes, les actes inaccomplis qui se sont imprimés, comme figés dans le corps. Tous ces blocages, ces croyances qui empêchent d'avancer, d'être soi-même, sont invisibles, enfouis dans l'inconscient et seules quelques bulles remontent à la surface du quotidien, plus ou moins souvent, plus ou moins chargées d'acidité.

Il s'agit de pouvoir ressentir, développer l'observateur conscient de tout ce qui se passe en nous pour revisiter, pacifier et transcender ce qui nous empêche d'être. 


Lorsque la vision s'éclaircit, le chemin devient visible ...

jeudi 2 octobre 2014

La nouveauté

Quand nous pouvons ressentir les émotions qui nous habitent, quand nous pouvons les relier à nos blessures d’enfance, nos manques, nos croyances, nos attentes, alors nous pouvons établir une distanciation, une séparation entre ces différentes facettes. Nous pouvons vivre les émotions telles qu’elles se manifestent dans l’instant présent sans les raccorder à notre histoire, à notre passé anxiogène, à notre futur idéalisé, juste être ici, maintenant. La nouveauté est la capacité à se surprendre par ses propres émotions, les voir venir, les ressentir comme s’il s’agissait de la première fois. Elles sont libres de toute pression de nos croyances, elles ne pèsent que le poids de l’instant présent, de cette bulle qui remonte à la surface de la conscience et qui nous donne la satisfaction du ressenti.

Dépouiller de nos croyances, de nos quêtes d’idéal, de nos comparaisons, de nos jugements, les sensations que nous ressentons deviennent véritables, en adéquation avec ce que nous vivons et non plus avec ce que nous aurions voulu vivre.

Quand nous avons retiré nos œillères, nous pouvons voir tout ce qui se présente à nous et non plus le spectre réduit de nos illusions, nous pouvons développer l’intuition de ce qui nous correspond, de ce qui nous convient sans chercher à combler les manques de notre histoire.

Chercher le Graal n’est plus le moteur de notre quête, nous n’avons plus besoin de demander l’impossible mais juste de profiter du possible pour s’apercevoir que là, réside ce dont nous avions véritablement besoin.

Le futur se construit maintenant dans l’accueil de ce qui est, sans résignation mais avec un observateur conscient de la réalité des choses.

©2010 - Michel Schauving

lundi 29 septembre 2014

Après la pluie…

Une fleur naissante était soumise à une pluie froide, cinglante, désagréable qui chargeait ses pétales d'un fardeau trop lourd. Instant après instant, cette fleur, aux pétales refermées pour ne pas les abimer, maudissait cette pluie lorsqu'un jour elle s'aperçue du silence.

En effet, plus aucune goutte ne frappait à sa porte et le plus curieux, c'est que repliée sur elle-même, elle était incapable de savoir depuis quand la pluie avait cessée, une heure, un jour, une semaine. Elle avait été trop enfermée dans ses pensées, son incapacité à faire taire cette pluie, à l'injustice qu'elle ressentait devant cette impuissance.

Alors maintenant ce silence soudain l'étonnait, elle avait bien senti une certaine chaleur qui commençait à l'envelopper mais elle avait cru qu'elle venait d'elle-même, de l'agacement, de l’échauffement qui était le sien à ne pouvoir agir pour faire cesser cette pluie. Maintenant qu'elle prend conscience de cette chaleur extérieure, elle ose déployer doucement ses pétales pour apercevoir un soleil radieux.

Celui-ci l'éblouit tout d'abord et petit à petit, le regard s'habitue, elle commence à distinguer les alentours, les couleurs, les odeurs, les saveurs de la vie renaissante. Elle s'aperçue également du phénomène curieux que sa vision lui paraissait bien plus haute qu'avant cette pluie longue, bien trop longue.

Elle comprit alors que loin de lui nuire, la pluie pendant tout ce temps où elle était repliée sur elle-même, cette pluie avait irrigué la terre. Elle l'avait ainsi nourri et lui avait donné toutes les ressources nécessaires pour que, elle la fleur, puisse se développer et s'épanouir pour être prête quand le soleil reviendrait.

Bien qu'impatiente, ce temps lui avait été nécessaire pour se nourrir des ressources qui lui étaient offertes. Elle ne les avait pas totalement perçues mais les avait naturellement intégrées. Ici, maintenant, elle se sent prête pour les regarder, les voir, les accepter et les utiliser pleinement...

SI le moment n’est pas encore venu,
un peu de patience
cultivez les ressources du temps présent,
le soleil arrive…



©2010 - Michel Schauving

samedi 20 septembre 2014

Etre ou ne pas Etre

Etre, c'est ne pas vouloir être !...


Etre ce n'est pas une volonté, ce n'est pas un but mais un état, une acceptation de ce qui est.
Vouloir être c'est nier que nous sommes déjà, c'est chercher une construction différente de ce que nous sommes pour atteindre une satisfaction de Soi.
Résoudre un conflit entre ce que nous sommes et ce que nous paraissons n'est pas question de mental, de pensées, de volonté mais de ressentir ce qui vit au plus profond de nous, l'essence même qui nous anime, dépouillée des artifices des croyances engrangées sur le chemin de notre vie.
Il ne s'agit pas d'oeuvrer pour être mais lacher prise sur nos croyances afin de s'en libérer et se défaire de l'habit de notre égo au profit de notre véritable nature.

Etre c'est s'accepter dans sa globalité pour agir en congruence avec nos aspirations et non plus celles que nous imaginions chez les autres.

Etre, c'est accepter de se montrer tel que nous sommes
Etre, c'est accepter la critique comme une information
Etre, c'est pouvoir dire ce que nous ressentons
Etre, c'est pouvoir entendre ce que l'autre ressent
Etre, c'est s'autoriser à dire non
Etre, c'est s'autoriser à dire oui
Etre, c'est transcender l'échec
Etre, c'est transcender la réussite
Etre, c'est accueillir l'inconnu
Etre, c'est accueillir ce qui est
Etre, c'est reconnaitre son ignorance
Etre, c'est reconnaitre sa connaissance
Etre, c'est Etre présent
Etre, c'est Etre maintenant
Etre, c'est vous

©2010 - Michel Schauving

mercredi 30 avril 2014

Une définition du stress

Le stress, de la mécanique à la psychologie ...


"Le stress est un état réactionnel de l'organisme soumis à une agression brusque" (LAROUSSE)


En mécanique ...

Quand un matériau est soumis à une force externe, il peut soit la subir et changer de forme ou modifier ses propriétés mais il peut également y résister en développant des forces internes en opposition à cette force externe.
La propriété élastique d'une matière solide peut la faire réagir comme un ressort quand elle est comprimée, étirée ou tournée ou bien se déformer en subissant cette pression. Le matériau est alors soumis à une compression ou une tension et sa réponse est la mieux adaptée pour conserver son intégrité afin de ne pas arriver au point de rupture.

Lorsque cessent ces forces externes et internes, le matériau reprend sa forme initiale ou bien conserve tout ou partie de la déformation dans sa masse. Le stress a donc laissé son empreinte dans le matériau.

Quand la pression est supérieure en force ou en durée aux capacités du matériau, le point de rupture peut être atteint.
L'importance du stress mécanique n'est pas dans l'importance de la force mais dans la quantité de force appliquée et dans la durée d'application de cette force.

En psychologie ...

C'est le canadien Hans Selye, un endocrinologue d'origine hongroise qui, en 1936, introduit la théorie du "syndrome général d'adaptation".
Il s'agit d'un ensemble de symptômes non spécifiques qui apparaissent comme l'ensemble des moyens physiologiques et psychologiques mis en œuvre par un organisme pour affronter un danger qui menace son intégrité.
Cette flexibilité entretient notre pouvoir d'adaptation comme la propriété élastique d'un matériau qui permet de réagir au stress mécanique.

Par analogie au stress mécanique décrit ci-dessus, il désignera sous le nom de "Stress", cette réaction de l'organisme qui cherche à maintenir un état d'équilibre nécessaire pour sa survie (ou homéostasie).

Un stress, trois réactions !...

l'organisme, face à un stress, peut y répondre physiquement, émotionnellement ou sensoriellement

  1. Physiquement : la lutte
  2. quand l'enjeu ne semble pas vital, le succés est possible, on peut faire face au danger, il faut agir

  3. Emotionnellement : la fuite
  4. il faut se préserver lorsque le risque parait trop grand, c'est la fuite

  5. Sensoriellement : la stupeur
  6. lorsque même la fuite ne peut garantir la survie, il faut minimiser toute dépense d'énergie, être vigilant à tous les signaux qui pourraient indiquer une issue de secours.


Comment ça marche ?...

La réaction au stress se déroule selon trois phases,

  1. phase d’alarme :
  2. Dans un temps très court, l'organisme se prépare et mobilise ses ressources pour faire face au stress, dans la fuite, dans la lutte ou la prostration

  3. phase de réaction :
  4. Le temps nécessaire, l'organisme utilise ses ressources pour s'adapter à l'agent "stressant" puis récupère quand l'agent disparait

  5. phase d’épuisement :
  6. Le danger passé, l'organisme récupère mais peut s'épuiser lorsque le stress dure ou se reproduit dans un temps trop court pour avoir pu récupérer totalement.

Ce n'est pas le stress mais la manière dont l'organisme va réagir au stress qui peut provoquer des troubles somatiques, des blessures dans le corps, des traumatismes.

Le pouvoir d'adaptation d'un être vivant semble parfois atteindre sa limite, c'est l'analogie au point de rupture du stress mécanique...


Notre réaction au stress dépend de : 

  1. de notre âge

  2. de notre parcours

  3. de notre situation

  4. des circonstances

  5. de nos projections

  6. de nos inhibitions

  7. de notre état de fatigue

  8. de notre état d'esprit, de sentiment

  9. de notre capacité physique

Autant de paramètres sur lesquels vous pouvez agir pour faire du stress, un allié...


©2010 - Michel Schauving